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mercredi 3 avril 2013

Truffaz pape de la popjazz



Nouvel album, Eric Truffaz (2012)







23h36 de retour après le sublime popjazzconcert du grand milesdavisienelectriqueworldjazzmusicnational le bien nommé TRUFFAZ ERIC. 


Truffaz 4tet + guest Anna Aaron  









Le concert mené El tiempo de la revolucion soit 100 mn de folles envolées de quatre garçons tout plein d'entrain (est-ce l'air d'un printemps retrouvé à Montpellier ?). Notre champion marathonien de la trompette à wa-wa et autres effets d'échantillonnage, apporte encore une nouvelle expérience sonore en retour vers un binaire charpenté et surpuissant par son vieux compagnon batteur (Marc Erbetta), un pianiste rhodesien survolté (Benoît Corboz) et le métronome presque Pastoriusien à la basse (Marcello Giuliani). Ce fut un beau feu pop electro jazz. Et la rapeuse voix d'Anna Aaron dans le "tube", A better heart. Bravo à la trompette electro.           
Ces soir à 20 h c'est... alors je vous attends pour la jazzpopchronique de l'afterconcert (Salle Victoire 2 à Montpellier. J'ai décidé de blogger et non plus d'écrire comme un vieux qui construit tout ce qu'il fait.
A+
Benko on Jazz   



Eric Truffaz, trompettiste et compositeur     

mardi 22 mai 2012

Hall that jazz : around Miles Davis (1991)

HALL THAT JAZZ : around Miles Davis


Lors d'une présence religieuse au dernier concert du trompettiste, peintre, compositeur, styliste et phénomène afro-américain qui traversera la seconde moitié du vingtième siècle en "Picasso" du bop-cool-gil evansien-hard-funk-fusion-rap. Jeune chroniqueur ce 10 juillet 1991, les tripes voulaient m'entraîner vers mon mythe pour tenter une interview, un regard, un refus, un fuck you...ou  je ne sais quoi. Mais peut-être la timidité est-elle la maîtresse de la sagesse. En tous cas, elle me retînt en digne spectateur-auditeur. Je goûtais tout de même mon plaisir et me réservais pour offrir une belle vengeance-hommage sublimée. We want Miles, yes we can !                

samedi 24 mars 2012

The amazing Joe Lovano (juin 1990)

The amazing Joe Lovano

Depuis le jour où j'ai entendu ce saxophoniste, je n'ai cessé de l'écouter (en concert), de le réécouter (en disques) et même de l'entendre sans l'écouter avec cette même passion fiévreuse. Maintenant, il est en moi et je lui ai réservé une grande et belle place au plus profond de moi-même. Vous comprendrez que je ne peux résister à vous l'offrir tel que je le ressens.
Joe Lovano : ton nom est déjà l'annonce du mouvement, de la rondeur du ténor. Il y a love...Ton ténor est force, énergie; il est ouverture ascensionnelle : de l'assise du grave, là où foisonnent et s'entrechoquent tes notes rugueuses, tu t'envoles avec une intense volonté à la conquête de l'aigu, de ses insaisissables harmoniques.
Chez toi, il y a toujours cette insatiable quête, cette poussée vers l'ailleurs, le beau, le haut. Du bouillonnement expressif au dépouillement le plus pur, tu es tantôt volubile, tantôt laconique, orageux ou bien lumineux, apaisé. 
Ton oeuvre de l'ici et maintenant est harmonie; tout se tient parce chaque note respire dans un espace contenu, tels les vitraux de Notre-Dame où l'on perçoit cette poussée puissante et douce, où tout se tient noblement avec mouvance et consistance (Ettendro).
Ton soprano fait montre d'une pureté de la note extrême, à l'attaque imperceptible, au vibrato léger. Il y a cette blancheur d'où s'élèvent des notes belles, des mots, des paroles qui ne peuvent qu'émouvoir (Rondine).
Et tu es capable de dévaler allègrement les marches, de passer les obstacles avec une maîtrise saisissante; tu nous chantes ici les hauts et les bas de la vie avec clairvoyance (Ups and down).
Mais, finalement, ta quintessence se manifeste dans Amazing, cette brillance, ce merveilleux où tu est ici joie, là blessure. Beauté où tout est dit, exprimé avec pureté; car tu est entier, homme. En t'écoutant, on sent jaillir la vie avec tout ce qu'elle comporte d'intense. 
Tu es à la fois toute l'histoire du saxophone et beauté unique, celle de l'art sans l'art, le degré zéro de l'art, l'unité sans ego entre le moi et l'instrument.
Joe Lovano, dans Izlaz, Henri Texier Transatlantik Quartet.

(1er texte publié dans Jazz Swing Journal n° 16, p. 35, juin 1990).