dimanche 24 juin 2012

mercredi 13 juin 2012

Phénoménales senioriales agathoises

Phénoménales senioriales agathoises 

Remise des prix du concours artistique, le 7 juin 2012.

De g.à dr. : Zendé (1er prix), M. Tissot (resp.produits), Adèle Mine (3ème prix), une invitée, Michèle Fiol (2ème prix), Yvonne Keller, Adjointe chargé de la culture de la ville d'Agde
Bienheureux l'homme vivant entouré d'oeuvres d'art ! Cela est devenu une réalité ce 7 juin 2012 pour chaque résident des Senioriales de la ville d'Agde (France). A 60 ou 92 ans, tout est encore possible pour observer, ressentir, réagir, discuter sur une des trois sculptures primées lors du concours artistique. 


ZendéTotem, 2012,
huile sur toile quadriface
1er prix

Et, chacun aura tout son temps pour voir et revoir ces oeuvres car elles resteront à demeure. Le but étant d'offrir à tous un environnement, harmonieux, global et interractif. En effet, la direction des senioriales a pensé et appliqué un concept d'habitation dynamique et dynamisante. Paysagiste, graphiste, régisseur, organisateur et responsable autour d'un produit plus hôtelier que simplement immobilier.         


Michèle Fiol, Envole-moi, 2012
Technique mixte
2ème prix

Après une présélection de dix artistes par l'équipe interne, le jury s'est prononcé selon les critères de dynamisme, d'originalité et de cohérence avec l'esprit voulu pour la résidence. Ses six membres, un résident, Madame l'adjointe chargé à la culture de la ville d'Agde, un commerçant local et trois membres de l'entreprise Seniorialesse sont réunis pour délibérer avec passion. Les trois oeuvres primés ainsi que leurs auteurs ont été largement applaudis.     


     Adèle Mine, Dame, 2012, 
tech.mixte (détail vue face partie inférieure)
              3ème prix 
Ne reste plus au résidents seniors qu'à se délecter de ces magnifiques et si différentes sculptures et à participer activement à la vie des Senioriales. Toute l'équipe ainsi que les artistes entendent bien multiplier échanges et instants aussi réussis que cette journée.

              
       

lundi 11 juin 2012

Ma Dame est MADAME

Dame, techn. mixte, 2012,
Adèle Mine
(3ème prix Senioriales Agde, France)

Gigantesque grotesque dantesque quand la féminité habitée habillée tout de métal sans châle râle nue aux membres tronqués se pare d'électrons multicolores écailles yeux-boutons bouches rougées entrouvertes muse amusante amusée élevée d'un petit bois d'enfant enrubannée d'étoffe cintrée animée de son infante faune bisoutée de florales amitiées ton rougenoirblue n'en finit pas de nous éberluer petits et grands à vos coeurs de vos yeux entrez dans le monde enchanté de ma Dame.

Benko©, 2012

mardi 22 mai 2012

Hall that jazz : around Miles Davis (1991)

HALL THAT JAZZ : around Miles Davis


Lors d'une présence religieuse au dernier concert du trompettiste, peintre, compositeur, styliste et phénomène afro-américain qui traversera la seconde moitié du vingtième siècle en "Picasso" du bop-cool-gil evansien-hard-funk-fusion-rap. Jeune chroniqueur ce 10 juillet 1991, les tripes voulaient m'entraîner vers mon mythe pour tenter une interview, un regard, un refus, un fuck you...ou  je ne sais quoi. Mais peut-être la timidité est-elle la maîtresse de la sagesse. En tous cas, elle me retînt en digne spectateur-auditeur. Je goûtais tout de même mon plaisir et me réservais pour offrir une belle vengeance-hommage sublimée. We want Miles, yes we can !                

lundi 7 mai 2012

Abstraction douanière




Abstraction douanière


Huile sur toile (30 x 30 cm)

 d'après Le rêve du Douanier Rousseau, 2005





vendredi 20 avril 2012

Chronique automatique

Chronique automatique


Je me Bashung. Allez, Jarrett, après de nombreux Miles, dévisse. T'inquiète, mon Jack pote c'est Kerouac, le bopper de la prose. Entre deux tirs d'héroïne de son frère Bill, enfoncé dans son Burrough marécageux, tu as investi mes dernières neurones intègres. Bien après le protéiforme orgiaque dublinois,  Joyce en Ulysse de l'avant-garde, et avant les Butor expérimentaux sans limites. Avant toi, je lisai des lettres d'écoliers sur les blue notes ou quelques envolées de bonne teneur (Marmande, Gerber, Reda). Mais, j'ai enfin (jamais trop tard) ressenti UNE ECRITURE JAZZ. Non plus des mots sur le jazz mais un flot, souffle DE jazz. Dans ton rouleau original "Sur la route", c'était comme si ta vie dépeinte avec ton alter ego (lièvre d'un marathon sprinté), Cassady, ressemblait  à un set ininterrompu d'instants sublimés dans un présent étiré car vécu dans la liberté extrême. Là où le fan transpire d'un plaisir mi-physique mi-mental, toi tu tapes à l'épaule du jazzman, vos yeux se battent, s'unissent. Comme un frère, tu parles son dialecte, tu EST le jazz. Tu bop, improvises sur la scène de la vie anti-américaine. Les kilomètres avalés par tes bolides, comme le torrent de notes soufflées par le Bird, sur le tapis abîmé des routes Est-Ouest-Nord-Sud. Tu traverses ton pays de long en large en travers comme une odyssée improvisée à la recherche de l'humanité entre hyper réalité et onirisme zen. 
Tu écrivais comme tu vivais. Comme aucun autre. J'espère avoir aussi ta flamme, Jack.                                      

Si Klein avait vu ce bleu ... (Chronique 1 sur Jeantimir)


Si Klein avait vu ce Bleu…






Jeantimir, Coloriage-encre (non daté), « Les pompiers de St-Rémy-de-provence »


Si Klein avait vu ce Bleu d’encre non IKB*, relégué au stade de décorum et entâché par trois scènes banales, il aurait changé de couleur; Car le blasphème est total !

Mais Jeantimir n’a que faire de l’histoire de l’art. Ses rêves se concrétisent très simplement sur le papier. Au rebus les périgrinations intellectuelles. Superflu. L’artiste ne marche pas sur la tête. Il respire, observe, mange, dort ; Puis saisit son crayon, pinceau et dessine sans préméditation, d’un trait naturel. La courbe est heureuse _ car l’arrondi prévaut, et les personnages naissent, comme par enchantement. Les attitudes sont déjà bien campées et les expressions mi-figées mi-perdues. Le coloriage ravive chaque élément, cristallise la composition et apporte le volume. Très vite, la petite scène s’humanise. Signature apposée, œuvre terminée.

Mais Klein, du haut de son bleu paradis niçois, rougit de colère en découvrant avec stupeur plusieurs agents perturbateurs envoyés par je-ne-sais-quel-diablotin. Saperlipopette, quelle farce Jeantimir nous joue là ! Regardez plutôt. « Tu as tué ma dialectique! » Car la patte prosaïque s’est collée sans accord amiable.

Voici le récit détaillé de ce dessin-coloriage à l'encre que l’on pourrait nommé : « Pompiers foxtrot, infant garde-champêtre et être ovoïde ».

Première scène (sur le tiers haut à gauche)
Un œuf vermillon renversé, en vue transversale, griffé de jaune sur le devant avec un petit point juste au-dessus, et reposant sur deux disques bleu clair. Ajoutez au-dessus une ligne droite toujours vermillon, qui précède trois bustes à la coupe des années folles. Suggérez le volant et vous avez une farce indiscible. A première vue, ce ne sont que trois dames embarquées dans un bolide rondouillard. Mais si l'on focalise sur des points de détails, tout à coup : l'avant de l'automobile devient poisson, et l'accès à l'intérieur s'effectue par une échelle sinueuse et en volutes. Car ce sont «les pompiers de St Rémy de Provence », comme nous l'indique Jeantimir.

Seconde scène (sur le tiers à droite)
Loin d'être un simple narrateur de ses propres visions ou émotions via le prisme de l'enfance sublimée, Jeantimir métamorphose notre réalité en une divine comédie burlesque, pittoresque et délirante. Comme une toute simple surréalité salvatrivce. L'inconscient fait jaillir, telle une écriture automatique, un petit bonhome sphérique, à la géométrie terriblement simplifiée, tenant sur ses pieds palmés. D'adorables petits soleils en escargots pour ses yeux, alors que ses lèvres sont formées par un sentier aux tours et détours où nous aimerions errer. La cocarde républicaine et le tambour suffisent pour marquer notre personnage du sceau officiel. On entendrait même les trilles de notre garde-champêtre aux allures d'enfant impassible.

Troisième scène (sur le tiers en bas à droite)
Menu regard rosé ressorti de sa carapace oblongue. Sans identité connue, ce personnage attendrissant repose sur des pieds-supports comme fixés au sol. Kafka n'est pas loin. Doux être que l'on doit aimer parce qu'il vit et apporte une autre vision du vivant, de la beauté. Il est poésie.

Que faire de pareilles scènes monstrueusement indépendantes ? Aucun commentaire. Monsieur Klein, ne soyez pas terrorisé car Monsieur Jeantimir est un véritable artiste révolutionnaire ! Vous qui avez touché l'absolu de vos propres doigts, comprenez que vous êtes face à un énergumène poignant, épique poète aux scènètes pétries d'humanité.

Au final, Klein jette l'éponge, et d'un sourire en coin capitule devant cet imaginaire implacable. « L'air de rien, Jeantimir, tu as pris mon ciel. Mais je m'incline devant un seigneur. Vous avez gagné puisque je ne vois plus que vos personnages enigmatiques. Extatique sans tactique. Sauf celle peut-être du gendarme comme le chantait Bourvil de son pas de danse faussement gauche et au burlesque immensément efficace. »

Que faire de plus ! 

*L'IKB (International Klein blue) est un bleu outremer extrêmement saturé, mat et d’une absorption totale, résultat d’un an d’expérience effectué par Yves Klein (peintre et performer, 1928-1962) avec un chimiste. Breveté en 1960, il est, selon Klein,
« la plus parfaite expression du bleu », la définition picturale, la matérialisation de sa sensibilité individuelle entre étendue infinie et immédiate. « Les monochromes bleus » seront l’essence de la peinture monochrome du 20ème siècle. L’IKB incarnera la dialectique entre la matière et l’esprit, le physique et le spirituel, le temps et l’infini.

Jeantimir KCHAOUDOFF 
né en 1941, vit et travaille à Nogent-le-Rotrou (28)
- Galerie Artémise : http://www.artemise.net/-jeantimir-a7.html
- Galerie Artop : http://www.artop.fr/commande/critere.cgi?&makeframe=TRUE




Benoît Courcelles©, dec. 2010